AUBE
lorsque mon corps aveugle
traverse la nuit noire
tout environné d’ombre
et déjà dans la mort
il semble à chaque fois
qu’il n’y aura pas d’aube
qu’au bout de cette nuit
il n’y aura plus rien
et que de ce néant
entrevu chaque jour
un matin
- un beau jour -
je ne sortirai plus
et pourtant la lumière est là chaque matin

oh mais de quel amour
as-tu pu m‘ éveiller
sur moi ton corps se penche
et du bout de tes doigts
tu fais reculer l’ombre aux folies étouffantes
tes nuits lavées de frais
annoncent déjà l’aube
ton souffle pur ranime
l’étincelle endormie au creux du charbon noir
vaincu le froid s’éloigne

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