28.4.07

je t'attends



Non
Tu n'es pas venu ce soir
Le feu lui-même est assoupi
Sous la cendre chaude et légère
Lentement est entrée la nuit
Dans mes yeux qui ne voient plus guère
Enveloppée d'ombre et de froid
J'attends pourtant l'aube promise
Donne-la moi


Viens qu'éclate la lumière
Je l'ai gardée éblouie
A l'abri sous mes paupières
Je la couve dans la nuit
Où j'attends que tu reviennes
Pour me prendre entre tes bras


Tu es là !
Je te vois sous mes persiennes
Réveille-moi !

2001


t'aimer...
et renoncer à connaître tes mains
t'aimer sans parvenir à naître sous tes yeux
sans savoir qui je suis
sans hier ni demain ni rêves ni désirs

mourir à petit feu
consumée lentement à t'aimer en silence

seul me garde vivant l'amour que j'ai de toi

tu m'as dit "demeurer" :
même au coeur de l'absence cela me suffira
du moins
tant que j'y crois


2002


QUELQUES HAÏKUS










Eh oui !...

Lorsque dessus mon corps se lève
La petite ombre de la nuit
Lorsque m'enveloppe le rêve
Où doucement meurent les bruits
C’est ta tendresse omniprésente
Qui me mène jusqu'au matin

Car sans ton amour qui m’invente
Je ne suis rien


Rien








2003


1966



IL PLEUT

Ici fait tout gris ! Ça mouille
Et le pauvre rossignol
Est sans voix... le vieux banc rouille
Des rus glissent sur le sol

On entend le gargouillis
Des gouttières qui se vident
En place des gazouillis
De pauvres oiseaux livides

Vrai, cet été me désole
Où aucun soleil ne brille
Pas un chant qui me console

En cage, mon sansonnet
Lance parfois quelques trilles
Tristes.... comme ce sonnet


LA QUESTION !

LA question !


de temps en temps
je consacre mon temps
à rattraper le temps perdu
au fil entortillé du temps

je me paie alors le bon temps
de rêver l'autre bout du temps
je confonds l'après et l'avant
et je m'y jette à corps perdu

par mauvais temps
je cueille sur le fil du temps
les espoirs fous que dans le temps
mon coeur y avait suspendus

puis j'en ris
la plupart du temps
car je sais que dans peu de temps
je vais pouvoir lever le camp

j'ai fait mon temps
mais...
quoi de plus ?




Hubble - galaxie du Tourbillon

INTENSITE




INTENSITE

Comme ce bleu est bleu
Ce vert comme il est vert
Je voudrais tellement
Savoir faire des vers

Des vers où sont mêlés
Le vert avec le bleu
Où je pourrais chanter
La joie de la beauté

Mais je ne saurai pas
Le vrai beau est trop beau
J’ai perdu ma fraîcheur
À rêver de splendeur

Et me revoilà seule
Sans avoir rien trouvé

Dites, la vraie beauté
Serait-elle les pleurs

- 1955 -






tes lèvres sont pour toujours dans mes yeux

tes mains pour toujours emprisonnent mon corps

les éclats de ton rire ont dansé dans ma chair
et tes dents ont mordu les cendres de l'amour



mais le temps le temps

tous les vents ont soufflé

et mes dents ont filtré l'amertume du monde

1958

27.4.07

TABLEAU (1955 !)




Un avion blanc
Vogue
Dans le ciel bleu

Les grands jets d’eau
Retombent
Tout en larmes

Un vieux guerrier
Abandonne
Les armes

Un poisson rouge
Dans l’onde
Se meut




Un peuplier
Gazouille
avec le vent

l’oiseau de feu
chante
sur l’arbre d’or

un clown fardé
dialogue
avec la mort

les grands palmiers
rament en soulevant
leurs doigts palmés
où s’entortille
le vent

envoyé à papa à Noël 1959 !




Tout ce que j’ai voulu
Tout ce que j’ai rêvé
C’est dans vos bras que j’ai voulu le déposer

Ne me le laissez pas je ne sais plus qu’en faire
Dans mes bras c’est si lourd leur poids me mène au sol

Ouvrez encor vos bras comme des tout-petits
Et laissez-moi vous prendre et vous lancer au ciel


De me voir autrefois vous faisait trépigner
Dans un rire baveux auquel j’osais répondre

Maintenant vous voilà repartis vers ailleurs

Je ne peux que penser à vos yeux angoissés
Que vous voulez cacher mais que je crois revoir
En regardant rêveur dans un très vieux miroir