31.10.07

UN EXTRAIT ...




Elle voulait ou ne voulait pas
Elle veut ou elle ne veut pas

Mais quel pouvoir croit-elle donc avoir pour en décider ?
Pour simplement envisager une possibilité de vouloir ...

On lui avait parfaitement expliqué pourtant !



Depuis les commencements il y a le falloir et le devoir !
Ils sont les principaux lieutenants du maître absolu de l'univers victorieux du chaos et c'est à eux que toutes les autres velléités sont inféodées
Le vouloir quant à lui n'existe que dans l'exact sillon que le maître a tracé : il n'est pas question de vouloir autre chose que 'ce qu'on doit et ce qu'il faut' mais à ceux qui le désirent il reste néanmoins la latitude --merci !-- d'aller plus loin encore, de repousser la limite précédente, d'en parfaire le parcours, de la dépasser, de battre le record du dépassement, de viser le surpassement, de pulvériser les lois de l'impossible jusqu'à rejoindre et épouser la perfection du Grand Ordre Etabli tel que transmis et perpétué par les coutumes et la tradition ; c'est alors seulement que le ciel bénira et comblera de ses grâces et bienfaits -- Ah ! Ce mot si lourd à entendre ! -- ceux qui auront cheminé dans cet unique sillon sans trop fléchir ni jamais abandonner ; ils verront alors chaque effort rendre au centuple

-- Mais… que se passe-t-il alors quand on n'y parvient pas ? Demandait-elle

-- On parvient toujours à ce que l'on veut ; il suffit de le vouloir ! Lui disait-on

-- Et… que se passe-t-il alors si ce n'est pas ce qu’ « il faut » que l'on veut ? Insistait-elle

-- Dans ce cas, le fait de tenir compte de son bon vouloir est de mauvais conseil puisqu'il tente de ramener le chaos ; le mal est toujours à l'œuvre et rôde….méfie-toi !

-- Alors, il n'y a pas de liberté ?

-- La vérité seule peut rendre libre ; lui expliquait-on
Quand on a la chance de la connaître, ce problème du choix ne se pose plus, sinon comme un piège, celui de la tentation qui flatte les penchants et les instincts, nous fait consentir à de petites lâchetés qui lentement sapent la résistance et nous entraînent immanquablement vers la complaisance puis la veulerie et l'oubli…



Elle avait beau réfléchir de toutes ses forces, quelque chose lui échappait toujours… oh non ! Pas dans les mots et les raisonnements mais dans la vie et tout ce qui l'entourait ; elle était frappée de voir comme ne collaient pas à la réalité quotidienne ces choses qui s'énonçaient avec tant de fermeté et de conviction ; c'en était reposant pourtant et elle ne demandait qu'à se laisser convaincre ; mais au delà des mots, toutes ces affirmations étaient lettre morte, nul n'y croyait, nul n'en vivait… Elle le voyait bien à les observer jour après jour

-- Tu espères aller au ciel après ta mort, toi ?


-- Mais bien sûr ma chérie !
-- Et si je n'y suis pas, tu voudras y aller quand même ?

-- Bien sûr ! Nous devons vouloir y aller et tu dois le vouloir aussi !
-- Mais si je n'y parviens pas, iras-tu quand même ?

-- Que veux-tu que j'y fasse ? C’est Dieu qui en décide ; que sa volonté soit faite


-- Moi, à ta place, je refuserais d'y aller s'il y manque quelqu'un que j'aime, parce qu'alors ce ne serait plus un paradis !

-- Toi, ma fille, tu dis des bêtises ! Tu ne dois absolument pas te poser ce genre de questions ; Dieu sait ce qu'il fait !

Elle se taisait et regardait autour d'elle en s'interrogeant sur le sort qui l'attendait, en se demandant si vraiment toutes ces grandes personnes ne réalisaient pas combien elle serait malheureuse d'entrer de plein droit dans un paradis où des places resteraient à jamais vides
Elle en frissonnait d'horreur anticipative, mourait sans coup férir et sur-le-champ de toutes ces amputations à venir

Elle souffrait déjà, elle souffrait alors de l'incohérence
Jamais personne ne lui avait demandé ce qu'elle pensait ; à croire qu'elle n'en avait pas le droit ; on se contentait de l'instruire de ce qu'elle se devait de penser, qui était établi -- par qui donc et en fonction de quoi ? Quelle était et que valait cette appartenance ?



Elle ne parvenait pas à se situer, tremblait de se ressentir comme un imposteur qui tôt ou tard serait démasqué…

Même ce qu'elle était d'ailleurs lui était asséné comme une évidence qu'elle subissait, où elle ne se reconnaissait pas toujours

Elle simplifiait ses questions et les caricaturait pour essayer de les glisser, parfois, de les faire parvenir jusqu'à eux, mais n'obtenait jamais de réponse…


Ce qu'elle avait très vite repéré, c'était les multiples facettes des gens : convenable en public, croyant à l'église, colérique chez soi, charmant et charmeur avec les tiers, profiteur à l'occasion... chacun endossait un personnage en fonction des circonstances et de l'avantage qui pourrait en découler pour lui ; ce qui autorisait aisément une personne à être tout à la fois parfaitement elle-même et son contraire


Lentement, elle avait affiché tout ce qu'elle ne voulait pas : elle refusait obstinément la soumission aveugle et les faux semblants, les mensonges constants mais, par-dessus tout, elle se hérissait à constater le manque d'amour qui se manifestait partout, particulièrement dans les actes de ceux qui prétendaient n'agir qu'en son nom !

Elle fut très rapidement assimilée à une révoltée et n'en comprit pas la raison ; fort heureusement aussi, elle n'en fut pas particulièrement affectée, ne s'en soucia pas plus que nécessaire et poursuivit sa route sans savoir que celle-ci la mènerait jusqu'au rejet, à l'exil, à l'exclusion…

À cette époque-là, elle voulait vouloir




Maintenant ?

Maintenant elle ne bouge plus

Elle ne veut plus rien

Elle regarde les vagues se poursuivre, se talonner, s'étaler dans leur chuintement éclaboussé puis se retirer, à reculons, à la dérobée, comme s'en va la vie

Sa vie ? Elle la regarde aussi s'écouler, régulièrement balancée comme ces vagues qui avancent inlassablement, à nouveau redressées aussitôt qu'aplaties, se poursuivent et se pourchassent toujours mais sans jamais pourtant arriver nulle part







"De la volonté contrariée à l’immobilité acceptée, jamais elle n’osa envisager comment il était possible de passer ainsi de cette époque-là à maintenant comme en ayant traversé un gigantesque désert dont il ne lui restait rien ou pratiquement qu’une sensation de désert ; elle n’en portait que le constat et ce faisant n’en faisait que repousser les limites et se contentait de s’y fondre.


Constat !!!
elle était regard elle n'était que regard à chercher la lumière comme d'autres ne sont que mouvement, paroles, musique ou violence... elle aimait à pleins yeux, fuyait du bout des yeux, comprenait d'un regard ou mourait, les yeux vides
Le reste était déjà mort

du moins s'en était elle suffisamment persuadée pour pouvoir l'affirmer... la "mort du reste" ne semblait pourtant que ce qu'elle considérait être puisqu'il y avait tellement de reste qui vivait sans contestation possible au moindre regard différent du sien. Envisageait-elle la réalité et la clairvoyance des autres regards ? Les ignorait-elle ? Et si oui... par méconnaissance ou par choix de sa volonté ? Avait-elle cherché ou subissait-elle le fait de n'être que regard ?

Vaincre le désert n’est pourtant pas sorcier puisqu’il suffit d’entrevoir une seule âme dans le sable et les pierres pour que le désert devienne terre habitée ; tous les méharistes égarés le savent, qui doivent leur salut à l’instant où ils prennent conscience de leur ombre sur la dune et peuvent s’orienter grâce au soleil qui, nous le savons, brille pour tout le monde mais ce jour là spécialement pour eux. "


Du jour où le désert lui est apparu, elle y découvre une ivresse intarissable elle s'émerveille de toute la vie qu'il recèle comme de la danse de l'ombre sur les dunes ; elle contemple l'opiniâtreté de la vie maintenue dans la mouvance des paysages elle regarde et regarde encore
Elle n'est pas égarée ni désorientée puisqu'elle ne va nulle part, ne se dirige vers rien maintenant que se sont tus les chants d'espérance et les murmures des désirs dans le temps suspendus



mais cette vie qu'il recèle à son regard est en fait assez chiche; elle ne peut estimer une "richesse" qu'en fonction de la "pauvreté " ambiante... le regard, le seul regard où elle s'astenait ne pouvait bien sûr pas englober qu'une infime partie de la vie... … la vie ne pouvant bien sûr s’éprouver dans la mouvance des choses, du seul regard ; elle n’est là entière et ressentie que lorsque cette mouvance vous transporte par tous les sens, y compris les sens indéfinis…, que lorsqu’elle vous met vous-même en mouvement
.D’ailleurs elle confirmait qu’elle abusait de cette confiance en ce regard qui en fait ne savait pas voir la vie avec l’acuité de la vie… puisqu’elle reniait le désir et l’espoir : les deux lueurs qui perdurent contre vents et marées au bout des yeux des vivants.






Elle voudrait échapper aux regrets et à l'amertume
Elle est persuadée de ne les avoir jamais éprouvés et elle redoute de tomber maintenant dans ce piège qui jusque là l'avait épargnée
Voilà ce qu'elle pense pour le moment
Mais sait-elle encore qui elle est ?

Elle ne le croit plus, découvre des images d'elle comme des dia : elle y est figée, ailleurs, absente ; elle se dévisage avec curiosité, sans animosité finalement, curieuse de se souvenir d'alors… c'est une étrange perspective, en plongée : elle est là comme un bonzaï ! Complète et réduite, visible sous toutes les faces et si lointaine en même temps : elle a beau se dire déracinée, ses racines sont solidement ancrées dans le sol et les branches s'étendent loin, qui portent encore et sous lesquelles, il lui faut l'admettre, l'ombre doit être douce

Il y a un temps pour chaque chose
Elle a vécu, anormalement confiante dans l'incertain futur, forte de ce qu'elle croyait être, même si elle ne le voyait pas, ne le touchait pas, se contentant de le supposer pour en vivre malgré tout
Elle avançait vers l'après sans revendication ni aigreur

Voici venu le temps des choix, celui de couper les branches inutiles, d'expulser les attentes vaines, de supprimer les gourmands, de se défaire des branches sèches et de brûler le bois mort



Dans la vie comme au jardin... trancher est une geste essentiel ; ce qui se fane, se gâte ou pourrit... faut faire de la place à l'avenir...

15 août 2002







29.10.07

SALLE D'ATTENTE

ou MIEUX VAUT EN RIRE



« L’un contre l’autre ils étaient là
Tous deux assis comme endormis
Le long de la banquette en bois
Dans la salle d’attente
À travers la vitre on voyait
Le vieux manège qui tournait
Et sa musique tourbillonnait
Dans la salle d’attente
Et cette musique semblait pousser
La grande aiguille de la pendule
Avec un bruit démesuré
Démesuré et ridicule ! »



La voix de Piaf s’est glissée en moi, murmure à mon esprit, y scande les pensées vagues qui s’y effilochent tandis que j’attends…

Combien de temps s’est-il écoulé depuis que je suis entrée dans cette salle ? Je serais incapable de le dire ; encore une notion que j’ai dû perdre en route…
Quelle route ? L’ai-je prise ou seulement empruntée ?
Le paysage glisse en marche arrière à petits hoquets, laissant à mon œil une impression de déjà vu.


Incapable de savoir vers quoi je vais, je cherche dans l’autre direction ; il y en a toujours une autre, évidemment…
le sens va-t-il aussi par paire ?
Est-il toujours double ?
Il devrait être loisible pourtant de le remonter comme le temps,
comme on remonte une pendule,
comme le paysage qui file,
ou le fil qu’il ne faut surtout pas perdre, tenir par le bon bout et ne pas lâcher,
même quand on se trouve immobilisé comme je le suis dans cette salle d’attente.

J’avais éprouvé une grande lassitude inhabituelle qui m’avait décidée à venir le consulter ; il m’avait longuement écoutée, examinée, avait patiemment constitué un dossier ; il semblait attentif à ce que je disais, reliais des fils invisibles qu’il suivait patiemment, tentait de démêler… Pourtant il restait perplexe.
Ce jour-là, il ne levait même plus les yeux sur moi, se frottait inlassablement le menton ; je l’entendais grommeler :
« c’est sûrement le dos ! Ce ne peut être que le dos »
et ses doigts n’en finissaient pas de caresser son visage, d’en vérifier le contour en balançant la tête – gauche, droite, gauche, droite – tandis que j’attendais, patiente. Dorénavant patiente, la sienne !


- Bon ! finit-il par dire en soupirant, je ne peux rien vous dire de plus précis pour l’instant ;
il respira très profondément puis m’expliqua :
- Pour moi, tout cela vient du dos ; vous devez avoir un problème au dos ; mais lequel ? Il faudra que vous fassiez de nouveaux examens ; nous finirons bien par trouver ce qu’il y a…

Ce disant, son regard finit par se poser sur moi, hésitant, perplexe… il soupira

- Nous finirons bien par trouver ! répèta-t-il en esquissant un sourire.

J’étais retournée dans cette salle d’attente avec de nouveaux clichés et les conclusions de l’examen, nouvelles pièces à verser au dossier.

J’attendais alors. J’attendais déjà. Tout comme aujourd’hui j’attends !




HOPPER - compartment C


Mais qu’est-ce que j’attends exactement ?

Je ne le sais plus très bien ; pourtant je suis en attente !

C’est bien ce que dit la destination de cette salle où je me trouve ; ce mot est inscrit sur sa porte mais je n’en trouve plus le sens…

Sans doute est-ce encore une notion que j’ai dû perdre en route…

Quelle route ?

L’ai-je prise ou seulement empruntée ?

Est-ce le bon sens ?

Le paysage glisse en marche arrière à petits hoquets, laissant à mon œil une impression de déjà vu.

Je m’étais retrouvée dans son bureau ! Mon dossier avait encore grossi depuis la dernière fois et lui se frottait encore le menton, se tenait le visage à pleine main, balançait toujours la tête, semblait mécontent ; je l’entendais marmonner que non, c’était pas ça… tandis que j’attendais.

Il avait fini par lâcher à regret son menton, laissé son bras retomber sur le bureau, s’était appuyé au dossier de son fauteuil ; puis les deux mains avaient décollé ensemble de la table, oh ! Une vingtaine de centimètres tout au plus pour retomber aussitôt, une fois, deux fois ; la tête quant à elle continuait d’osciller de droite à gauche, en cadence, du même mouvement que lorsque la main frottait encore le menton.

Enfin le regard s’était posé sur moi, inchangé, identique, toujours aussi perplexe.

- Je ne comprends pas, avait-il dit

La tête-métronome avait gardé son rythme ; les mains, dans un ultime effort s’étaient soulevées une dernière fois, un peu plus haut cependant, étaient retombées d’autant plus lourdement.

- Je ne sais pas, je ne sais pas quoi vous dire… non, je ne sais vraiment pas…

Et les années avaient passé où j’avais tout envoyé bouler : semelles et malaises avaient été largués dans la même oubliette et j’avais continué à vivre avec cette petite gêne persistante devenue si familière, cependant qu’insidieusement elle s’étalait, empiétait, se muait lentement en douleur.


Pourquoi ne s’était-elle pas contentée de notre arrangement tacite ? Pourquoi avoir brusquement décidé de devenir insupportable au point de m’obliger à prendre des mesures contre elle, des mesures brutales, définitives… Bien malgré moi somme toute…

Pour l’instant, je prends conscience que le temps passe et que j’attends toujours, dans cette salle qui porte paisiblement son nom.

J’attends mon tour ; patiente !
Mon tour de quoi ?
Qu’est-ce que j’attends ?

Je ne me souviens plus ; tout cela n’a vraiment pas de sens ; encore une notion que j’ai dû perdre en route…

Quelle route ?

L’ai-je prise ou seulement empruntée ?

Le paysage glisse en marche arrière à petits hoquets, laissant à mon œil une impression de déjà vu.

Tout cela n’a vraiment pas de sens mais…


Patience !

« Tout finira par arriver

Et je m’en vais clopin-clopant
Dans le soleil et dans le vent
De temps en temps mon cœur chancelle
Y a des souvenirs
Qui s’amoncellent
Et je m’en vais clopin-clopant
En promenant mon cœur d’enfant
Comme s’envole une hirondelle
L’amour s’enfuit à tire d’ailes
Ça fait si mal au cœur d’enfant
Qui s’en va seul
Clopin-clopant »

(2002)

13.10.07

comme les jours racourcissent vite !







HIVER


prends-moi dans ton cœur
et dis-moi
tout ce qu'il me reste à apprendre
le vent de la nuit souffle froid
la pluie a flétri le lilas
voilà que s'approche décembre

griffant le ciel de leurs bras nus
les arbres désertés frissonnent
l'ombre descend je n'y vois plus
je mesure le temps perdu
à ce vide où les bruits résonnent

ouvre pour moi tes yeux lumière
que me rassure leur clarté
comme s'enfile une prière
à cette minute dernière
en moi j'entends ta voix chanter

ainsi qu'un chèvrefeuille dense
la vie m'a lentement serré
ce soir tout comme dans l'enfance
je crains cette nuit qui s'avance
bientôt mes yeux vont se fermer

le fil des jours s'est embrouillé
et cette attente m'exténue
qui n'en finit pas de durer
les couleurs des lilas fanés
ont pâli sous mes yeux fermés
j'ai froid
dans l'hiver revenu





3.10.07

il y a 114 ans aujourd'hui, naissait mon père...

<< Rappelons que le calendrier julien tient son nom de Jules César, qui l'institua sur les conseils de son astronome Sosigène d'Alexandrie, soucieux de ne pas laisser se décaler les saisons. Il aurait prévu, avec une année standard de 365 jours divisée en 12 mois, un « jour intercalaire » ajouté tous les 4 ans. Le calendrier est resté en usage jusqu'à aujourd'hui, notamment dans quelques pays de tradition orthodoxe.

Toutefois, ce système ajoute trop d'années bissextiles par rapport aux saisons astronomiques : elles se produisent environ 11 minutes plus tôt chaque année. César semble avoir été au courant de ce décalage, mais sans lui accorder beaucoup d'importance.

Ce calendrier a été réformé par le pape Grégoire XIII, dans ses Etats. Par la bulle « Inter gravissimas », il stipula que le jeudi 4 octobre 1582 serait immédiatement suivi par le vendredi 15 octobre 1582, de façon à compenser le décalage accumulé au fil des siècles.

Ce calendrier dit « grégorien » fut aussi adopté par l'Espagne, l'Italie, le Portugal et la Pologne. En France, Henri III enleva ces jours seulement en décembre.

La Grande-Bretagne et les pays protestants n'adoptèrent le calendrier grégorien qu'en 1752. Ils préféraient, selon l'humour de l'astronome Johannes Kepler, « être en désaccord avec le soleil, plutôt qu'en accord avec le pape ».

Dans certains pays de tradition orthodoxe, on ne l'adopta progressivement qu'à partir du début du XXe siècle.

En Russie, la fameuse Révolution d' « Octobre » 1917 a donc eu lieu, selon le calendrier grégorien, en novembre !

L'URSS adopta le calendrier grégorien en 1918, mais l'Eglise orthodoxe russe a refusé ce calendrier en tant qu'imposé par un gouvernement athée et a conservé le calendrier julien.

La majorité des Églises orthodoxes d'Orient ont continué d'employer le calendrier julien jusqu'en 1923, date à laquelle beaucoup ont adopté un calendrier julien « révisé ».

Mais l'Eglise orthodoxe de Finlande a adopté le calendrier grégorien.

Anita S. Bourdin >>







... et un jour, dans l'empire ottoman qui avait toujours le calendrier Julien, les dirigeants ont décidé de s'aligner sur le calendrier grégorien,
mais il y avait un décalage de 15 jours entre les deux

alors... ben alors, 311 ans plus tard, en 1893, l'administration ottomane a décidé de supprimer les 14 premiers jours du mois d'octobre c'est-à-dire que le lendemain du 1er octobre 1893 fut le 15 octobre 1893

alors... quel jour fêtions-nous l'anniversaire de mon père ?

il n'a jamais accepté la date du 18 octobre !!! :-))) il tenait à son 3/10 !

(ce qui me ravit dans mon amour des jeux de chiffres moi qui suis du 30/1)




ex de jeu :

col est née le 30/01/40 fou est né le 04/01/30
nous jouons miroir !





cela dit, je reste plongée dans d'anciennes rêveries...

cet automne est plus lourd que de coutume
...







VOILA POURQUOI


à chaque tour de terre
un de ses soleils meurt

les doigts comme les dents
s'écoulent de leur châsses
les sourires fissurent
puis deviennent grimaces
puis deviennent morsures
et les paupières closes pèsent de plus en plus


il n'y aura plus d'aube
chaque soleil est autre
et le sien est noyé


c'est entre chien et loup
que son coeur s'est joué
dans un gris monotone
brisé d'éclairs sanglants
et plein de la menace
de ces mots dérisoires
qui happaient par lambeaux
de grands pans de mémoire
jadis évermeillée par un soleil couchant


mais le trésor-soleil enfoui dans le coeur
a fait s'évaporer les derniers souvenirs

voilà pourquoi cet être est devenu gaga

(1973)














CE SOIR





ce soir
il faut me laisser seul
tous mes fantômes m’ont rejoint
et jouent autour de moi
à “téléphon’ cassé “

j’ai mal à notre amour malade
j’ai mal à mon amour pour toi

que de temps passé entre toi et moi
que de temps perdu entre nos quatre bras


(1974)









LE SABBAT DES SORCIERES

en place en place
enfourchez vos grands balais
c'est la fête du ricanement
le carrousel des grimaces
le temps des beuleubeuleu
wah wah dzim dzim haaaaaaaaaa


tournez tournez mes mégères
tournez tournez en hurlant
toutes noires aveec vos voiles
et vos dents longues et vos ongles
et vos petits yeux brillants
approchez
assaillez-moi


que vos grimaces sont drôles


même avec mes yeux crevés
même avec mon coeur mangé
vous n'êtes pas effrayantes


et vos longs bras qui s'agitent
beuleubeuleu wah wah wah


sur vos balais déplumés
ho ho ho laissez-moi rire


mais de quoi aurais-je peur
je glisse vers mon enfance
sarabande familière
et je fredonne avec vous
beuleubeuleu dzim dzim haaaaaaaa


(1975)