Ma vie
Vécue combien de fois
Je n'en finis pas de la vivre
Elle s'écoule devant moi
Des voiles se lèvent parfois
Révélant les causes profondes
De vieux souvenirs enfouis
Ne libérant qu'une tendresse
Infiniment pétrie de paix
Et je m'émerveille en silence de la violence de la vie
De sa ténacité profonde, de son apaisante douceur
D'avoir permis que soit l'oubli
Jusqu'à ce que l'âme, plus forte, puisse affronter
Enfin armée,
Ce qui n'était que du mensonge
Du camouflé ou du mal-dit
Du mal-senti
Malentendu
Ou pas compris…
Si meurtriers
C'est comme un oignon qu'on épluche
Couche après couche, patiemment
Qui par moment pique les yeux
Et ce qui n'était qu'une peau
Devient de plus en plus vivant
Et nous entraîne lentement
Plus près du cœur
Plus près du germe
Où l'on découvre, émerveillé,
Une autre vie prête à jaillir.
1999
ENDORMISSEMENT
Quand je ferme les yeux
S'apaisent les orages
Et c'est une impression sans corps et sans visage
Sans contact et sans mots de n'être plus tout seul
Les angoisses du jour n'ont plus qu'à disparaître
Une immense tendresse enveloppe mon être
Généreuse et complice apaisante et si bleue
Lors je glisse allégé vers un vide insondable
Où je ne pèse rien où rien ne fait obstacle
Et j'entre dans ma nuit comme un vaisseau éteint
Mes rêves ont pourtant des relents de débâcle
Mais il n'en reste rien quand revient le matin
1999

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