8.3.09

CARTHAGE

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"depuis que la littérature existe,on n'a pas entrepris quelque chose d'aussi insensé. C'est une oeuvre hérissée de difficultés. Donner aux gens un langage auquel ils n'ont pas pensé !
On ne sait rien de Carthage.

{...}

Peu de gens devineront combien il a fallu être triste pour entreprendre de ressusciter Carthage."

lettre de Flaubert à Ernest Feydeau oct. 1858





L’historiographie classique est presque unanime sur la légende de la fondation de Carthage, selon laquelle Elyssa était une princesse tyrienne, épouse d’Acherbas grand prêtre du dieu Melqart et en même temps son oncle maternel. Son frère Pygmalion qui succéda à son père n’hésita pas à tuer son beau frère pour s’emparer de ses richesses.

Elyssa craignant de subir le même sort, s’enfuit avec ses partisans. Après un long voyage, qui valut à l’héroïne le surnom de Dido (l’errante), elle atteignait les côtes de la Tunisie actuelle où elle décida de s’installer.


A cet effet elle détourna les coutumes locales qui interdisaient aux étrangers l’acquisition de terrains dépassant la superficie d’une peau de bœuf qu’elle découpa en fines lanières. Cette ruse lui permit l’achat d’un espace plus étendu que prévu : ce qui explique peut être le nom donné à la colline de Carthage : Byrsa désigne en grec une peau d’animal traitée.


Ainsi, fut fondée Qarthadasht (Carthage) ville neuve en langue Phénicienne.


Le roi de Libyens, Hiarbas, ébloui par la beauté et l’intelligence de la princesse, voulut l’épouser. Plutôt que d’être infidèle à son mari, elle décida d’accomplir une cérémonie expiatoire et monta elle même sur le bûcher qu’elle avait allumé et se jeta dans le feu. Ce geste lui valut d’être honorée comme divinité.



Selon les sources anciennes, Carthage fut fondée vers la fin du IX eme siècle av.J.-C. Pour Velleius Paterculus, historien latin du I er siècle av. J.-C. Cette fondation a précédé celle de Rome de soixante cinq ans.

Quant à Timée le Sicilien, d’après le témoignage d’Halicarnasse, Carthage fut fondée trente –huit ans avant la première olympiade correspondant ainsi à l’année 814 av.J.-C.

De son côté, Ménandre d’Ephèse, citait un document tyrien, qui plaçait la fondation de Carthage dans la septième année du règne de Pygmalion.

Cette date traditionnelle fût confirmée par les résultats des prospections et les fouilles menées par la mission allemande à la fin des années soixante dix dans le cadre de la campagne internationale de Carthage organisée par l’UNESCO à partir de 1972. Aussi a –t-on découvert des vestiges d’habitat archaïque datant de la première moitié du VIII av. J.-C dans la partie basse du site et non pas sur la colline de Byrsa où les archéologues français, et toujours dans le même cadre, ont découvert des témoignages d’une activité artisanale et métallurgique de la même période.





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Tanit :


Tanit était la divinité principale de Carthage, du moins au temps des puniques. Les témoignages sont des milliers de textes échelonnés sur deux ou trois siècles mentionnant le nom de TNT PN B’L, que l’on traduit habituellement par « Tanit face de Baal ».Son attestation constante avec Baâl Hammoun ne signifie pas nécessairement qu’elle ait été l’épouse de ce dieu, mais plutôt comme sa parèdre qui le faisait renaître périodiquement, d’une terre revigorée. Tanit a été adorée comme étant une mère féconde puisqu’au milieu d’un certain nombre de stèles, une colonne dressée porte une grenade, emblème de fécondité, dont les flancs renferment des pépins.Le symbole divin que l’on appelle le signe de Tanit offre, à sa partie supérieure, soit un cercle dont la nature est encore discutée, soit moins souvent un croissant lunaire retourné.

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